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Krach boursier de 1929 ou crise boursière de 1929, le nom importe peu. Selon moi, l’essentiel est que vous compreniez comment le monde en est arrivé à ce krach et comment la situation économique s’est détériorée partout dans le monde à la suite de ce dernier.

Vous découvrirez la façon dont un seul homme peut changer le cours de l’histoire. Cet article vous donnera également des réponses sur ce qui se passe actuellement au niveau économique. En effet, je pense qu’en lisant dans le passé on peut souvent mieux comprendre le présent.

Bien évidemment, toutes les informations présentes ici sont facilement compréhensibles. Pas de jargon boursier extrêmement complexe. Tout est simplifié pour que vous puissiez avoir les connaissances les plus complètes possibles en rapport avec ce krach sans vous arracher les cheveux.

Pourquoi le krach boursier de 1929 a eu lieu ?

Le krach boursier de 1929 a plusieurs causes. En réalité, c’est une succession d’événements qui ont conduit à une tragique situation pour l’économie mondiale. Dans un premier temps, je vais porter à votre connaissance les informations essentielles sur le contexte historique de l’époque. Ensuite, vous verrez comment les 3 décisions majeures d’un seul banquier ont pu avoir autant d’impact sur le monde.

Contexte historique avant la crise financière

Nous sommes en 1914 au début de la Première Guerre Mondiale. À cette époque, de nombreux pays s’endettent auprès des États-Unis pour s’armer et gagner la guerre. En France, l’endettement représentait 200% du PIB à la fin de la guerre, c’était également l’inflation. Le financement de ce conflit mondial conduit le Royaume-Uni a abandonner l’étalon-or dans la même année. Le pays est également fortement endetté auprès des américains.

En abandonnant l’étalon-or, la valeur de la livre sterling a chuté : en 1918 elle n’est plus ce qu’elle était en 1914. Étant donné que le Royaume-Uni doit rembourser sa dette, il lui faut trouver une solution pour le faire de la meilleure des manières. Ce n’est pas avec une monnaie qui ne vaut presque plus rien que l’ardoise va s’effacer.

C’est à ce moment qu’un banquier nommé Montagu Norman entre en scène.

Rembourser la dette : première décision

En 1925, Montagu Norman est gouverneur de la Banque d’Angleterre depuis 5 ans. C’est la banque centrale du Royaume-Uni à cette époque. Sa première décision qui jouera un rôle majeur dans le krach boursier de 1929 est la suivante : réinstaurer l’étalon-or.

Croquis de la Banque d'Angleterre avant qu'elle ne soit endettée

En effet, M. Norman estime qu’il sera plus facile de rembourser la dette de son pays en ayant une monnaie plus compétitive. Il veut que la livre sterling retrouve exactement la même valeur qu’elle avait en 1914.

À cette époque, Winston Churchill est Chancelier de l’Échiquier (chargé des finances du pays). Ce dernier était hésitant à propos de cette mesure. Pourquoi ? Car la France l’avait prise auparavant et sa monnaie s’était dévaluée de plus de 80% par rapport à 1914. Pourtant, Norman imposera la mesure à Churchill.

Cependant, pour que cela fonctionne, le Royaume-Uni doit avoir une quantité d’or suffisante dans ses coffres. Un État ne peut pas imprimer plus d’argent qu’il ne possède d’or. Montagu Norman décide donc qu’il faut augmenter les taux d’intérêt pour attirer les investisseurs étrangers et conserver dans le pays les investisseurs nationaux.

Pourquoi les investisseurs placent leur argent dans un pays où les intérêts sont élevés ? Car même si les banques doivent emprunter plus cher, le rendement pour les investisseurs est également beaucoup plus intéressant. Cela fonctionne dans un premier temps : de l’or en provenance d’autres pays commence à affluer au Royaume-Uni. Or, comme mentionné plus haut dans ce paragraphe, les entreprises souffrent beaucoup de cette décision.

En effet, l’industrie du pays est à l’agonie, les entreprises ne peuvent plus emprunter à des taux raisonnables. À défaut d’investir, beaucoup d’entre elles doivent mettre la clef sous la porte. À cette époque, cette décision crée plus d’1 million de chômeurs au Royaume-Uni. Ce chiffre restera malheureusement stable au cours des années 20.

Étant donné que le pays ne produit plus suffisamment, sa balance commerciale est déséquilibrée. Il y a alors plus d’importations que d’exportations. Le Royaume-Uni ne crée plus de richesses et n’attire plus les investisseurs. L’or autrefois gagné repart : c’est un échec cuisant.

Rembourser la dette : deuxième décision

Montagu Norman voyant les conséquences de sa décision ne s’arrête pas ici. Il veut effacer la dette coûte que coûte et n’est probablement que peu préoccupé par les centaines de milliers de personnes qui n’ont plus de travail. Il décide donc de tenter une autre approche.

Si augmenter les taux de son pays ne fonctionne pas, il va faire baisser les taux d’un autre pays : les États-Unis d’Amérique. Étant alors en contact avec la FED, il va convaincre la réserve fédérale de baisser les taux d’intérêt des États-Unis.

Avec cette décision, M. Norman espère que l’or reviendra dans les caisses de son pays. La FED décide de baisser ses taux et met en œuvre une série d’actions pour faire augmenter la quantité de crédits en Amérique. Cela fonctionne bien, trop bien.

De 1927 à 1929, l’économie américaine prospère. C’est le développement du “Achetez maintenant, payez plus tard !”, des emprunts sont souscrits pour un maximum d’achats. En effet, les banques peuvent maintenant emprunter de l’argent auprès de la FED a un taux très bas. Cet élément permet aux établissements bancaires d’accorder beaucoup plus de crédits aux particuliers.

Pour aller plus loin, la classe moyenne américaine émerge. Désormais, elle a les moyens d’acheter plus. Les américains intègrent alors plus d’électroménager dans leurs maisons par exemple. La population étant incitée à acheter toujours plus et les crédits étant toujours plus simples à obtenir, la consommation continue d’augmenter.

Les ménages s’endettent et se surendettent pendant de nombreux mois pour acheter et entrer dans la nouvelle ère de la consommation ou plutôt de la surconsommation. Voici une des raisons pour lesquelles l’industrie américaine est si “florissante” à cette époque.

Ce n’est pas sans rappeler les années 2000 où les particuliers insolvables se voyaient accorder des crédits facilement pour acheter des maisons. Ces emprunts à outrance mèneront le monde dans une nouvelle crise économique, la crise des subprimes.

Ainsi, on assiste à une forte augmentation de la production. Si les américains demandent plus d’achats, il faut offrir plus de choses à acheter. Qui dit hausse de la production et hausse des ventes dit hausse des bénéfices des entreprises. On observe donc une hausse généralisée des actions.

À cette époque la réglementation des marchés financiers laisse à désirer. Il y a de nombreux délits d’initiés : les informations essentielles qui permettent d’investir dans des entreprises sont détenues par un nombre restreint de personnes et ne sont pas divulguées. Des coups en bourse malhonnêtes peuvent donc être organisés pour que quelques individus engendrent de gros bénéfices sur le dos de la population.

Étant donné que les actions grimpent et que les emprunts sont facilités, la population achète des titres en masse. De plus, ces achats sont pour la plupart effectués sur crédit. Ce nouveau système d’achat d’actions à crédit est appelé “call loan”. Les investisseurs particuliers pouvaient acheter 100$ de titres avec seulement 10% de la somme en leur possession, le reste était avancé par les banques et autres organismes financiers.

Les petits investisseurs utilisent à outrance l’effet de levier de l’emprunt. Quand la production augmente de 50% la bourse augmente de 300%. Concrètement, cela signifie que si vous aviez acheté, votre investissement pouvait être multiplié par 4. La bulle financière est créée car il y a une énorme différence entre la valeur de l’économie réelle et la spéculation.

La population ayant investi en masse sur le marché des actions, les particuliers n’achètent plus autant qu’avant auprès des entreprises. L’économie réelle est donc délaissée. La demande baisse donc l’offre des entreprises aussi et la production américaine recule fortement en quelques mois.

Le plan B de M. Norman est un échec. Les investisseurs ne se tournent plus vers le Royaume-Uni mais plutôt vers les États-Unis, un pays où les investissements trouvent de gros retours.

Rembourser la dette : troisième décision

L’histoire aurait pu s’arrêter ici mais Montagu Norman prend une nouvelle décision qui constituera la goutte d’eau qui fera déborder le vase. La situation se dégrade au Royaume-Uni. Aucune solution n’a été trouvée pour rembourser la dette et pire, le pays sombre de plus en plus.

M. Norman va alors prendre la décision de rencontrer le Secrétaire du Trésor des États-Unis. Il le persuade de changer la politique monétaire du pays. La FED met alors en oeuvre tous les moyens nécessaires pour pousser les particuliers à investir en masse sur les bons du trésor américain plutôt que sur les actions. Encore une fois, c’est un échec cuisant à moyen terme. La population continue de s’endetter pour investir toujours plus dans les actions américaines.

Comment s’est déroulé le krach boursier de 1929 ?

La situation est critique au Royaume-Uni et est en passe de le devenir aux États-Unis sur la base des décisions prises par Montagu Norman. Il y a toujours autant si ce n’est plus de chômeurs en Angleterre et du côté américain aucune perception du risque. Des lanceurs d’alertes tentent vainement de prévenir les bonnes personnes de ce qu’il se passe mais il est trop tard. La machine ne peut plus s’arrêter.

Krach de 1929 : avant l’explosion de la bulle

À peine 2 mois avant le krach boursier de 1929, la spéculation sur les actions est plus haute que jamais. La propagande médiatique à propos des bons du trésor ne suffit pas pour enrayer l’achat d’actions. La FED doit alors prendre une nouvelle décision pour tenter de stopper ce qu’il se passe. Pourtant, les politiques n’inquiètent pas pour autant la population et laissent la bulle continuer de grandir.

La Réserve Fédérale Américaine (FED) n’a alors plus beaucoup de cartes en main : elle doit procéder à une augmentation des taux directeurs. Vous avez vu plus haut que baisser les taux incite les banques à emprunter et les particuliers à emprunter auprès des banques. Augmenter les taux directeurs a donc un effet inverse : celui de restreindre les emprunts.

Nous sommes en 1929 et la FED augmente ses taux directeurs. Le taux de base passe alors à 6%, il devient donc plus cher pour les banques et les particuliers d’emprunter de l’argent. Indirectement, il devient donc aussi plus cher d’emprunter pour acheter des actions et l’euphorie commence petit à petit à redescendre. Certains vendent, certains ne peuvent plus acheter et certains ne veulent plus non plus acheter.

En effet, la production industrielle a baissé, les bilans des entreprises ne sont plus aussi bons qu’avant et les actions deviennent alors beaucoup moins attractives. Les fondamentaux baissent, les titres aussi et c’est à l’automne de l’année 1929 que la panique commence réellement à s’installer chez les particuliers. Il est bon de rappeler que cette même panique est présente depuis longtemps dans les mondes politique et financier. Pourtant, ces individus n’ont pourtant pas informé la population de ce qui se préparait dans l’ombre.

Entre le 18 et le 23 octobre 1929, les investisseurs vendent en masse. Le marché perd brutalement plusieurs pourcentages. Les petits portefeuilles paniquent. Pourquoi ? Car pour certains, ils perdent déjà plus que leur placement initial. Ils se demandent comment ils vont bien pouvoir rembourser l’emprunt qu’ils ont souscrit pour acheter les mêmes titres qui leur font perdre à ce moment de l’argent.

Ces investisseurs veulent absolument vendre mais il y a un souci : il y a très peu d’acheteurs. Sur les marchés financiers, vous vendez à un acheteur. Si personne ne veut de ce que vous vendez, vous êtes dans l’obligation de conserver votre titre. C’est ce qu’il se passe pour des milliers de personnes en 1929.

Krach de 1929 : explosion de la bulle financière

Nous sommes le jeudi 24 octobre 1929, surnommé le Jeudi noir. Ce jour est considéré comme le début de la crise financière de 1929. Le Dow Jones, un indice américain indexé sur la performance des 30 plus grosses entreprises américaines, perd plus de 20% de sa valeur en l’espace d’une matinée : la panique est là.

Lors de la pause de midi, un groupe composé de banquiers et d’industriels très influents tente de stopper la panique et d’éviter le krach boursier de 1929. En effet, l’économie spéculative est une question de psychologie de masse et de confiance. Si la confiance est perdue, la panique risque de prendre encore plus d’importance. C’est ce qui s’est passé ce fameux Jeudi noir.

Ce groupe décide donc d’insuffler un nouveau vent de confiance. Pour cela, des acteurs telle que la banque JPMorgan achètent des actions en masse pour tenter de faire remonter les cours et de redonner confiance aux investisseurs particuliers. La décision fonctionne, les cours repartent à la hausse dans la journée mais le succès n’est que de courte durée : ce n’était qu’un ralentissement.

En effet, il est déjà trop tard, la confiance est perdue et le krach boursier de 1929 a débuté. Auparavant, les marchés étaient ouverts tout le vendredi et aussi le samedi matin. Ils fermaient le dimanche et rouvraient le lundi. C’est justement en ce lundi 28 octobre 1929, surnommé Lundi noir, que les volumes de transactions à la vente sont bien trop élevés. La plupart des investisseurs veulent se séparer de leurs titres papiers à n’importe quel prix pour tenter d’amortir les pertes.

La foule lors du krach boursier de 1929 : elle veut vendre

Le jour d’après est surnommé Mardi noir. Ce jour, plus de 16 millions de titres se sont échangés. La bourse continue de chuter de plus belle et rien de peut stopper cette descente aux enfers à Wall Street.

Vous devez aussi savoir qu’un autre élément peut permettre d’expliquer l’ampleur de la panique. Lors de cette période historique, les titres de propriété étaient papiers. Traiter physiquement ces milliers de titres était humainement impossible en temps réel. Les cotations étaient donc données par moment avec plus d’une heure de retard. À mon sens, ce retard a favorisé la panique collective.

Entre le 22 octobre et le 13 novembre 1929, l’indice Dow Jones perd 39% de sa valeur soit une perte virtuelle d’environ 30 milliards de dollars. C’est plus que ce que les États-Unis ont dépensés pendant la Première Guerre Mondiale.

Krach et crise économique : conséquences

Les conséquences de ce krach ne se font pas attendre autant pour les États-Unis que pour le reste du monde. Cet événement conduira à la Grande Dépression, une longue période de récession. Suite aux jours noirs, la consommation et les investissements ralentissent. L’économie américaine est à l’agonie.

La crise boursière s’est transformée en crise économique. En tout, c’est plus de 4 000 établissements financiers qui ferment entre 1929 et 1931. Le pouvoir d’achat étant en baisse, les gens n’achètent plus autant et la production ralentit. L’activité générale du pays baisse drastiquement.

Ce cercle vicieux ne s’arrête pas ici. Qui dit activité en baisse dit chômage. Si la production ralentit, les entreprises n’ont plus besoin d’employer autant de personnes qu’avant. Les États-Unis atteignent alors de hauts niveaux de chômage.

Ainsi, en 1933, ce sont environ 15 millions de travailleurs qui sont au chômage rien qu’aux États-Unis. La pauvreté s’installe et explose dans tout le pays pendant des années.

Pour ce qui est du reste du monde, les conséquences sont similaires. La consommation baisse, la production aussi et le chômage augmente. On peut aussi citer deux faillites d’établissements bancaires connus.

  • Creditanstalt-Bankverein : la banque autrichienne déclare sa faillite le 11 mai 1931.
  • Darmstädter und Nationalbank : cette banque Allemande fait banqueroute le 13 juillet 1931.

Il est admis que les allemands ont été les plus impactés par cette crise économique. Certains admettent d’ailleurs également que la situation économique désastreuse de l’Allemagne favorisera la montée en puissance des partis politiques d’extrême droite ainsi que la mise au pouvoir d’Hitler.

Ce qu’il faut retenir de 1929

En conclusion, les décisions de Montagu Norman ont entraînées une succession d’événements qui ont créés une bulle financière. Il est également important de souligner que ce n’est pas pour autant le seul fautif dans ce krach. De plus, le climat économique et politique américain était favorable à l’apparition de cette incohérence entre l’économie réelle et la spéculation.

Cette bulle a fini par éclater et ses retombées ont été rapides. Le krach boursier de 1929 a ouvert la porte à une crise économique d’abord aux États-Unis puis peu après en Europe et plus généralement dans le reste du monde. Ce véritable effet papillon me rappelle fortement le processus d’apparition d’une autre crise : la crise des subprimes.

En 1929 et dans les années qui ont suivies, des millions de personnes ont vécues dans la misère, certains se sont suicidés et d’autres en ont profité pour arriver au pouvoir. Vraisemblablement, ni le système financier mondial ni les économistes n’ont retenu de leçon de ce qu’il s’est passé il y a maintenant plusieurs décennies.

Dans les années 2000, les taux étaient aussi trop bas et les emprunts trop accordés. Cela a également conduit le monde dans une crise économique probablement plus désastreuse encore que celle de 1929. Attendez-vous donc à vivre de nouvelles crises économiques potentiellement plus récurrentes et plus violentes que celles ayant eu lieu auparavant.